Les logiciels antiplagiat et l'INRS

La plupart des universités proposent l'accès à des outils de détection du plagiat (ou d'emprunt maladroit de sections de textes, même bien intentionné) pour aider leurs étudiants et leurs enseignants. Mais tous ne sont pas du même calibre (ni du même coût) et ne peuvent donc pas répondre totalement aux mêmes besoins.

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L'INRS détient une lience pour le logiciel de détection du plagiat Compilatio, un outil qui sert à valider l'originalité d'un texte et à s'assurer qu'il ne contienne pas trop d'emprunts directs et de collages d'autres textes disponibles gratuitement sur internet. Attention! Comme il n’utilise que des sources gratuites, cela le rend beaucoup moins apte à détecter des emprunts non légitimes pour des publications académiques tel qu'articles scientifiques ou même thèses et mémoires.

(NDLR: Les gras et les soulignés du paragraphe précédent ne sont pas décoratifs mais sont porteurs de sens...)

Pour avoir accès au logiciel (qui est en version web), vous pouvez soit demander un compte personnel en contactant la personne responsable du dossier au Service des études et de la vie étudiante (SEVE), soit utiliser les services de la bibliothèque pour y voir plus clair.

Pour un usage prudent et optimal, quelques mises en garde s'imposent :

  1. Les références bibliographiques génèrent une quantité importante de similitudes détectées, qui sont pourtant tout à fait de bon aloi. Il est préférable de retirer la bibliographie avant de lancer l'analyse.
  2. Les articles de type « revue de littérature » (review en latin) génèrent un nombre plus élevé de similitudes de par leur nature même, ce qui n'enlève en rien la nécessité d'être original. Et prudent.
  3. Les codes Endnote interfèrent avec le logiciel. Il faut les retirer et analyser une version du texte sans ces codes.
  4. Compilatio donne ses résultats sous une forme simplifiée de pourcentage de similitude, mais les résultats, qu'il faut analyser attentivement, sont beaucoup plus cryptiques (en fait, on comprend rien...) et parfois fort discutables.
    • Ce n'est pas parce que vous avez obtenu un joli pourcentage en vert que vous êtes en zone sécuritaire. Relisez le deuxième paragraphe du présent billet...
    • Cliquez sur le pourcentage dans le tableau "Liste des documents" pour accéder à l'analyse détaillée.
    • Portez attention aux similitudes. Elles peuvent parfois provenir de sections du texte qui sont de réelles citations textuelles, normales et bien référencées.
    • D'autres peuvent être des segments de textes dont vous êtes vous-même l'auteur, mais d'une autre publication (ex: un rapport qui contiendrait un article déjà analysé). À vous de juger alors s'il est préférable de réécrire ces segments ou de les laisser tels quels, mais sachez que, règle générale, un éditeur qui refuse un article le fait sans possibilité de discuter.
    • Dans certains cas, les similitudes sont associées à des textes que vous ne pouvez consulter, car ils ont été soumis à Compilatio par un autre usager.
    • Si vous choisissez de laisser tel quel, pour raffiner l'analyse de Compilatio, vous pouvez les retirer du calcul de similitude en disant à Compilatio de les ignorer. Attention! Encore une fois, surtout si le document que vous analysez est un article à être soumis, rappelez-vous que la souplesse de l'éditeur sera probablement tout à fait différente de la vôtre.
  5. Les logiciels antiplagiat que les éditeurs scientifiques utilisent diffèrent dans leur fonctionnement de Compilatio et donc fourniront des résultats différents. De plus, ils utilisent aussi des bases de textes différentes, dont les articles scientifiques qui ne sont pas gratuits…
  6. Les logiciels de ce type sont généralement en mesure de détecter des segments de phrases similaires qui auraient été maquillés par l'usage "astucieux" de synonymes ou autres stratagèmes discutables.
  7. Bref, soyez très prudent.

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Pour en savoir plus: Université de Sherbrooke, Les logiciels antiplagiat : utiles mais à encadrer